La Creuse Agricole 10 mars 2016 à 08h00 | Par P. Dumont

SIA 2016 : the show must go on

Entamé dans la tension, le salon de l’agriculture a refermé ses portes le 6 mars dans un climat un peu apaisé, du moins en apparence. Le monde agricole reste mobilisé et sa colère toujours présente. Malgré tout, il a donné le meilleur de lui-même pour montrer le savoir-faire et la qualité des produits de la ferme France.

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 (© P. Dumont) Le Gaec Roux a ramené 8 prix dans la race charmoise. © P. Dumont Hippy © P. Dumont Hippy et Garniture © P. Dumont Hugo au Gaec Chassagne © P. Dumont Idefix au Gaec Lagautrière © P. Dumont Impatiente et Icetea au Gaec Duchier © P. Dumont Impatiente au Gaec Duchier © P. Dumont

Après les remous du début de Salon lors notamment de la visite de François Hollande, le calme était revenu le jeudi 3 mars, jour des concours limousine et charolaise. Pourtant, le cœur n’y était pas vraiment et nombreux étaient les éleveurs à arborer un brassard noir pour témoigner de la détresse du monde agricole. Sur les stands, les panneaux « Je suis éleveur, je meurs » étaient aussi toujours présents. Dans les allées du Salon, les visiteurs semblaient solidaires. « Si demain on n’a plus d’agriculteurs, on ne mange plus ! », résumait une dame. Même son de cloche chez Jean-Charles Fontaine, éleveur en Corrèze qui présentait une limousine à la vente aux enchères : « Lorsque l’on explique ce que l’on fait, comment on travaille, les visiteurs sont réceptifs et comprennent nos difficultés. Ceux avec lesquels nous avons échangé achèteront de la viande limousine après le Salon. » Malgré la situation, les éleveurs étaient présents pour promouvoir leurs productions notamment lors des concours des races. Comme l’a rappelé Pascal Langevin, président du Herd book Charolais : « la participation au SIA 2016 a été longuement discutée mais au final les éleveurs sont là car le Salon est une remarquable vitrine pour l’agriculture et c’est aussi l’occasion d’expliquer notre situation ». De son côté Bernard Roux, président de France Limousin Sélection, a souligné : « le cœur n’est pas à la fête mais nous sommes là pour promouvoir la race limousine et le travail d’éleveurs passionnés, même si le contexte est difficile. »

Les concours bovins…
Du côté du concours charolais, deux animaux creusois étaient en lice cette année : Jakarta au Gaec Verger dans la catégorie des génisses et Hugo au Gaec Chassagne dans celles des mâles nés entre le 1er décembre 2011 et le 14 août 2012. La première n’a malheureusement pas suivi les traces de son prédécesseur Gentleman, prix de championnat en 2015 et a fini en 4e position. Après ses 7e et 6 places obtenues en 2014 et 2015, Hugo a quant à lui poursuivi son bonhomme de chemin et s’est hissé à la 5e position. Une petite déception sans doute pour son éleveur qui confiait avant le concours : « Je trouve Hugo plus en forme cette année, j’aimerai bien le voir dans les trois premiers ». La Creuse a toutefois tiré son épingle du jeu lors de la vente aux enchères des vaches de boucherie. Pour la première fois en effet, un élevage creusois, le Gaec Duchier présentait deux animaux. « On ne peut jamais savoir comment cela va se passer mais je suis plutôt confiant, explique Jean-Luc Duchier. Jusqu’à présent la sélection se faisait au sein d’une région. Désormais, les critères sont différents. Mise à part la conformation de l’animal, celui-ci doit être sous label rouge et l’élevage doit être inscrit au Herd Book Charolais ». Comme à l’habitude, les limousines ont eu droit elles aussi à leur vente aux enchères. La palme de la plus haute enchère est revenue cette année à Fontaine au Gaec Fontaine (19) adjugée à 13 000 euros, une belle performance pour son éleveur qui avait déjà. Les premiers prix de sections du concours limousins ont pour leur part été raflés en grande partie par des haut viennois. Grand vainqueur, le Gaec Camus remporte les premiers prix de cinq sections : vaches suitées de moins de 3 ans, vaches suitées de plus de 3 ans, vaches suitées de plus de 4 ans, synthèse et championne femelle. Emmanuel Zerger le suit de près avec les premiers prix des sections génisses pleines de moins de 32 mois, taureaux de plus de 42 mois et le prix de championnat mâle. Les éleveurs corréziens sont repart avec deux prix, le taureau de 19 à 30 mois (Gaec Marcailloux) et le taureau de 30 à 42 mois. Enfin, pour sa première participation Jérémy Lagautrière rafle le prix de synthèse mâle avec Idefix. « C’était une très belle présentation, résume Jeanne Orlianges, éleveuse en Corrèze et juge du concours. Le palmarès est représentatif de la race et les animaux primés sont un bon compromis entre qualités maternelles et bouchères. Malgré la crise et même si on a ressenti la baisse de fréquentation, les éleveurs sont restés motivés. »

… et les ovins
Reparti du Salon en 2015 avec cinq prix sous le bras, Gilles Roux, de Lussat, a réussi cette année la prouesse de remporter… huit prix. Huit prix qui viennent récompenser le travail de l’éleveur d’ovins charmois, habitué du Salon et du podium. « Ce qui a fait la différence cette année, c’est la qualité de la laine, chez les femelles en particulier. Mais je ne sais pas pourquoi elle est plus belle cette année ! C’est très difficile à gérer », explique-t-il modestement. Le Gaec Roux remporte donc les premiers prix des catégories femelles 1re section laine, non suitées 1re et 2e section laine et le prix de championnat femelles lainées pour la laine. Il rafle également un 2e prix pour les femelles et les mâles 2e section laine Le challenge national racial et le prix d’ensemble viennent confirmer ce tableau bien fourni. Seul à manquer à l’appel, le prix de championnat mâle, obtenu en 2014 et 2015 avec le bélier présenté cette année. « C’est de ma faute, admet Gilles Roux. J’ai tondu mon bélier trop tôt. J’ai donc dû le retondre mais cette fois-ci trop tard et la laine n’était pas assez longue le jour du concours. J’ai été sanctionné pour ça mais c’est tout à fait normal ! ». Cerise sur le gâteau, l’éleveur a vendu un bélier reproducteur lors du Salon. Un plus pour Gilles Roux, qui se prépare chaque année longtemps à l’avance pour le Salon. « J’ai expliqué aux responsables qu’inscrire nos animaux six mois avant le salon était très compliqué, surtout pour les brebis suitées, qui doivent avoir un agneau suffisamment grand mais pas trop, confie-t-il. Mais je n’ai pas trop d’espoir que ça change ! »

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