La Creuse Agricole 21 décembre 2017 à 09h00 | Par Dr Boris BOUBET

L’eau d’abreuvement : Des besoins depuis la naissance, une qualité à vérifier

Au même titre que l’alimentation, un abreuvement correct de vos animaux, tant quantitatif que qualitatif, représente une base de la gestion sanitaire de votre troupeau.

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Construction d'un puits.
Construction d'un puits. - © Loïc Fulbert GDS 53

L’eau est l’élément indispensable à la vie. Elle représente 60 % du poids des mammifères et une déshydratation de 15 % est mortelle. Tout problème d’abreuvement des animaux aura un impact clinique et économique direct.

Mettre de l’eau à disposition de tous les animaux, tout le temps
S’assurer que tous les animaux aient accès à l’eau, y compris les veaux naissants, et que la ressource soit suffisante pour tout le troupeau sont des préalables. En bâtiment, les points d’eau doivent être accessibles par tous (hauteur, position) et propres (nettoyage quotidien), les buses sont donc déconseillées. Les bovins étant très sensibles aux courants électriques parasites, tous les abreuvoirs seront raccordés à la terre. L’hiver reste une période critique pour l’abreuvement avec le gel. La solution passe par des abreuvoirs chauffants ou bien isolés. Au pré, les ruminants ayant l’instinct grégaire, ils boivent souvent tous ensemble. L’abreuvoir aura donc une taille adaptée au nombre d’animaux du troupeau.

Toutes les eaux ne se valent pas !
Si vous êtes attentifs à la qualité de l’alimentation de vos animaux, c’est souvent moins vrai pour l’eau. La facilité par la proximité de la ressource ou sa gratuité est choisie au détriment de la qualité et donc de la santé des animaux. Les sources d’abreuvement dans un élevage sont multiples mais quelle que soit la solution choisie, il faut s’assurer qu’elle permette un abreuvement constant tout au long de l’année, puis vérifier que la qualité est suffisante pour les animaux. Une eau que l’on ne boirait pas n’est pas à distribuer aux animaux !

Un préalable, estimer les besoins en eau de l’élevage
Les besoins varient en fonction du type d’animaux, de la saison, de la production ou de l’alimentation. Si vous ignorez les quantités consommées sur votre exploitation, des tables permettent de donner une idée des besoins ; en allaitant, on compte 55 litres quotidiens pour un couple mère-veau. Ce chiffre peut monter à 100 litres lors de canicule ou pour des vaches laitières en production.

L’eau du réseau public
Bien que coûteuse, cette solution présente de nombreux avantages. L’organisme de gestion garantit une pression constante et une bonne qualité bactériologique jusqu’au compteur. Il ne vous reste qu’à s’assurer de la qualité de votre réseau de distribution au sein de votre élevage. De nombreuses installations sont sous-dimensionnées et le débit peut s’avérer insuffisant si tous les animaux boivent en même temps (fin de traite, animaux qui ont reçu leur ration au cornadis) ou s’ils sont au bout de la stabulation.

Les eaux de surface
Couramment utilisées, les eaux stagnantes (mare, étang) ne sont pas adaptées à l’abreuvement des animaux. Le niveau et la qualité bactériologique varient énormément au fil des saisons. Cela expose les bovins aux risques de salmonellose, de leptospirose, paratuberculose, de viroses digestives ou de parasitisme. Aucune solution de traitement n’est envisageable car la matière organique est trop importante et neutralise les traitements. Les eaux de rivière n’offrent pas beaucoup plus de sécurité. Si on souhaite réellement les utiliser, il faut aménager l’accès afin de limiter le piétinement et les contaminations fécales.

Les eaux de source, puits ou forage
C’est certainement la meilleure solution mais elle nécessite de vérifier le débit avant tout projet d’aménagement complémentaire. Cela demande de chiffrer les besoins en eau de l’exploitation, en prenant en compte la consommation des animaux, mais également les besoins annexes comme le nettoyage des bâtiments ou du matériel. Hormis le coût d’installation, cette solution nécessite un suivi et un entretien réguliers : analyse annuelle de l’eau, sortie et entretien de la pompe immergée tous les 2 ou 3 ans, vérification du forage. Un couplage au système d’adduction du réseau est indispensable afin de prévenir toute pénurie en cas de problème.

Une aide de GDS Creuse dans les analyses d’eau
Si le captage d’eau choisi semble répondre aux besoins pour la quantité, on va alors apprécier la qualité. Cela passe par un prélèvement rigoureux (cf. encadré) et une analyse de potabilité. En cas d’excès de fer, l’installation d’un déferriseur protégera votre installation des dépôts. Des paramètres et des normes ont été édictés pour l’eau potable, puis transposés pour l’eau de boisson des bovins. Pour la bactériologie, il est nécessaire de faire le lien entre limite dangereuse pour l’animal, signes cliniques et baisse de performances. GDS Creuse vous propose une aide à l’interprétation des résultats. Par exemple, le rapport coliformes fécaux/streptocoques fécaux donne une indication sur l’origine humaine ou animale de la contamination, élevé (>5), on peut penser à une origine humaine, faible (<0,7), cela oriente vers une contamination animale.

Un inventaire des solutions possibles...
En cas de mauvaise qualité bactériologique, la première étape passe par un examen du site. On cherchera à identifier la source de contamination des puits ou des forages : mauvaise conception de l’ouvrage sujet aux eaux d’infiltration, présence à proximité de déjections animales, défaut d’entretien des installations. Si une eau profonde est contaminée, cela signifie qu’elle n’est plus consommable, mais surtout que le captage défectueux a entraîné une contamination de la nappe encore plus préjudiciable. La mise en conformité d’installations anciennes nécessitant souvent des travaux importants, il conviendra de bien étudier le rapport bénéfice/coût par rapport au raccordement au réseau ou à la création d’un nouveau captage via un forage ou un puits.

… le traitement en continu en dernier ressort avec l’appui de Farago Creuse
Si la contamination perdure après la mise en place des mesures d’aménagement, un traitement en continu peut être proposé. En fonction des paramètres physicochimiques de l’eau, plusieurs systèmes sont possibles : chlore, péroxyde d’hydrogène ou UV. Mais, on ne désinfecte qu’une eau propre à la base ! Farago Creuse, épaulée par des entreprises spécialisées, met à disposition des techniciens qualifiés afin de proposer un système adapté. Si vous souhaitez réaliser un captage, rénover une ancienne installation ou analyser l’eau que vous distribuez à vos animaux, n’hésitez pas à nous contacter pour plus de renseignement.

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