La Creuse Agricole 04 juin 2015 à 08h00 | Par Marien Bataille/Christophe Le Maux

Introduire de nouveaux animaux… Comment limiter les risques !

La gestion des introductions d’animaux s’inscrit dans notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! », axe d’action majeur pour éviter l’entrée de nouvelles maladies dans vos élevages.

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Nous observons une progression continue de l’utilisation du BGC avec une atténuation de la baisse de son emploi d’avril à août, période à hauts risques en matière d’infection par le virus BVD car nombre de vaches se trouvent en début de gestation.
Nous observons une progression continue de l’utilisation du BGC avec une atténuation de la baisse de son emploi d’avril à août, période à hauts risques en matière d’infection par le virus BVD car nombre de vaches se trouvent en début de gestation. - © GDS Creuse

Au-delà des dépistages obligatoires, les risques sanitaires lors d’introduction de bovins peuvent être occasionnés par des maladies spécifiques ou des syndromes d’élevage (diarrhées, grippes…). Une méthodologie simple, peu onéreuse et un peu de bon sens constituent une base primordiale pour réussir les introductions et limiter des conséquences catastrophiques !

Se servir des obligations réglementaires …
Une notification d’entrée auprès de l’EDE est à réaliser, après relevé de l’identification du bovin, dans les 7 jours qui suivent l’introduction pour permettre l’édition de la nouvelle ASDA (Attestation sanitaire à délivrance anticipée). Sauf cas de dérogation, une recherche IBR est à effectuer dans les 10 jours suivant l’arrivée de tout bovin introduit (quel que soit son âge) par le vétérinaire sanitaire. Concernant la brucellose et la tuberculose, les dépistages se limitent aux mouvements :
- ayant une durée de transfert entre exploitations supérieure à 6 jours,
- impliquant une exploitation classée à risque ou ayant un taux de rotation supérieur à 40 %,
- provenant d’un département ayant une prévalence de tuberculose supérieure à la moyenne nationale.
La présence de tuberculose à bas bruit dans certaines zones nécessite une attention particulière afin d’empêcher sa diffusion.

… pour en tirer profit sur les autres risques
Tout bovin introduit est en phase de stress dont l’importance est fonction des conditions de transport. L’animal est alors en déséquilibre immunitaire avec un microbisme différent du cheptel introducteur. Un isolement de 15 jours se révèle essentiel pour limiter la contamination de votre cheptel par de nouvelles pathologies notamment en matière de BVD et plus particulièrement les infectés transitoires. Une gestion adéquate des introductions passe par différentes étapes à connaître et à effectuer dans leur intégralité.

Au-delà des dépistages obligatoires, les risques sanitaires lors d’introduction peuvent être occasionnés par des maladies spécifiques ou des syndromes d’élevage.
Au-delà des dépistages obligatoires, les risques sanitaires lors d’introduction peuvent être occasionnés par des maladies spécifiques ou des syndromes d’élevage. - © GDS Creuse

1- Connaître le statut IBR et paratuberculose du cheptel d’origine
Pour certaines entités, le contrôle individuel est insuffisant voir inopérant. Il demande donc à être complété par des informations sur le cheptel d’origine, c’est le cas pour l’IBR et, surtout, pour la paratuberculose. Pour l’obtention de ces informations, consulter le site www.gdscreuse.fr, onglet garanties des élevages bovins. Ces éléments sont actualisés en continu et sont également disponibles sur simple demande auprès de GDS Creuse.

2- Signer le BGC (Billet de garantie conventionnelle) au moment de la vente
Le BGC est un outil technique et financier par lequel le vendeur et l’acheteur s’entendent sur l’annulation possible de la vente en cas de résultats positifs vis à vis des maladies non-concernées par la rédhibition (BVD, paratuberculose). Il est à signer au moment de la vente par les deux parties. Un nouvel exemplaire est envoyé systématiquement avec la nouvelle ASDA par GDS Creuse. Il est également à disposition chez les vétérinaires et à GDS Creuse.

3- Être vigilant à l’introduction mais aussi pour toute autre entrée dans le cheptel
Tout contact avec des animaux ou des moyens de transports extérieurs peut être source de contamination. Donc, tout prêt, mise en pension, participation à un rassemblement, retour de marché, passage d’un élevage à un autre pour un animal en copropriété, transport par un moyen « collectif »… est à considérer comme une introduction et requiert une application systématique de cette méthodologie.

4- Vérifier l’identification du bovin et l’adéquation avec ses « papiers »
L’identification des bovins est de la responsabilité de l’éleveur en charge du cheptel où le bovin est détenu. Il convient donc de vérifier la bonne identification du bovin lors de son entrée dans l’élevage et de refuser tout animal mal identifié. L’animal introduit doit être accompagné de son passeport (« carton rose ») avec l’ASDA (ou « carte verte »). Il sera vérifié, l’adéquation entre les informations portées sur ces deux documents et le bovin, la mention de la date de départ et des informations relatives à l’ICA (Information sur la chaîne alimentaire) et la présence de la signature du précédent détenteur. L’ASDA datée et signée est valable 30 jours. Le bovin ne peut pénétrer dans une exploitation que si ces éléments sont conformes.

5- Isoler tout nouveau bovin même face au sentiment « d’urgence »
Il est nécessaire d’isoler pendant 15 jours minimum après son arrivée et d’attendre les résultats d’analyses. L’isolement signifie que ce dernier ne peut être en contact avec les autres animaux du troupeau. Cet élément se révèle essentiel, de nombreux exemples l’illustrent.

6- Déterminer les analyses complémentaires avec le vétérinaire sanitaire
Tous les prélèvements à l’introduction font l’objet d’une recherche PCR BVD en mélange avec une prise en charge totale du coût par GDS Creuse. Cette méthode mettant en évidence les IPI (Infectés permanents immunotolérants) mais aussi des infectés transitoires, permet une explication personnalisée lors de chaque résultat positif. Une vigilance est à apporter pour les gestantes, le contrôle du veau ne pouvant se faire que de manière indirecte avec une sérologie BVD de la mère. Ensuite, il convient d’investiguer de manière spécifique la paratuberculose en fonction du profil du bovin (race, âge, statut cheptel d’origine…avec nécessité de prélèvements de sang et de fèces).

Des aides techniques et financières de GDS Creuse
Lors de tout résultat positif, GDS Creuse prend contact auprès du vétérinaire sanitaire et de l’éleveur pour étudier les actions complémentaires à mettre en place. GDS Creuse prend en charge pour ses adhérents, avec la participation du Conseil Départemental, le dépistage systématique virologique BVD PCR et 50 % des frais des autres analyses lors de l’utilisation du BGC et pour les bovins arrivant ou restant en Creuse.

Du bon sens dans les échanges d’animaux est incontournable dans le concept « Le sanitaire … j’adhère ! »
Une gestion adéquate des introductions représente une des bases de la gestion sanitaire des troupeaux. L’utilisation du BGC est essentielle et le respect des mesures sanitaires permet d’éviter d’importants problèmes, elles sont listées au dos du BGC… consultez-les lors de chaque introduction ! Au-delà des dépistages historiques (tuberculose, brucellose), le dépistage s’oriente aujourd’hui vers des contaminations par de nouvelles pathologies (maladies spécifiques mais aussi germes variés de diarrhées ou de grippes). Chaque entrée nécessite une attention afin de définir les mesures en fonction des cas particuliers. Cela montre la nécessité d’une discussion spécifique avec le vétérinaire sanitaire lors de chaque introduction. Pour toute information complémentaire, n’hésitez pas à contacter le vétérinaire sanitaire ou GDS Creuse.

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