La Creuse Agricole 01 avril 2015 à 08h00 | Par A.M.

Guy Faugeron, un homme de conviction 

Au terme de l’assemblée générale qui s’est déroulée le 3 mars dernier à Limoges, et de son élection à la présidence de la Mutualité Sociale Agricole, Guy Faugeron, cet homme de conviction nous livre ses premiers ressentis et les nouvelles orientations qu’il entend engager pour la future mandature.

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Guy Faugeron qui êtes-vous ?

Je suis exploitant agricole à Saint-Merd-la-Breuille sur le canton de la Courtine en système polyculture élevage avec une production de broutards. J’exploite 130 ha et dispose d’un troupeau de 75 vaches allaitantes charolaises. Je suis maire de ma commune depuis 1995 pour mon 4e mandat et également vice-président de la communauté de communes des Sources de la Creuse. Membre d’un groupement d’employeurs depuis 1997, j’emploie un salarié que l’on partage entre 4 autres exploitants. Et comme je suis en train de préparer ma succession, j’ai parallèlement embauché mon futur successeur. J’ai 62 ans et je suis père de 2 enfants.
Quant à mon parcours professionnel, après une formation agricole au lycée d’Ahun, j’ai été à l’âge de 22 ans, salarié chez Michelin durant 11 ans avant de reprendre l’exploitation familiale à 33 ans après le départ à la retraite de mes parents en 1986.

Quelles ont été vos motivations pour revenir à l’agriculture ?
Ce qui m’a motivé, c’était la modernisation de l’exploitation que mes parents avaient engagée à ce moment-là. Ils avaient construit une étable entravée de 54 places avec un évacuateur, ce qui était déjà très moderne pour l’époque et puis j’avais aussi l’envie de retrouver une certaine indépendance professionnelle et de travailler au grand air, ce qui me changeait des ateliers. Alors, lorsque cette opportunité s’est présentée, je n’ai pas hésité à faire le pas pour revenir à l’agriculture.

Quel est votre sentiment après ces élections ?
Je ne vous cache pas que j’ai un certain sentiment de fierté, mais aussi de reconnaissance envers tous les administrateurs qui m’ont apporté leur confiance, sans oublier certaines structures professionnelles pour leur soutien fort et unanime. Mon objectif immédiat est de retrouver une unité régionale pour garantir l’équité entre les départements et gérer notre protection sociale dans l’intérêt général et au service de tous nos ressortissants, les salariés comme les non-salariés, les actifs comme les retraités. Mais, je tiens d’ailleurs à souligner que je ne suis pas un président creusois, corrézien ou haut viennois, mais bien un président régional qui a l’intention d’agir pour le bon équilibre du service à tous nos territoires et à tous nos mandants.
Quelles sont les nouvelles impulsions que vous entendez donner à la MSA du Limousin ?
La première des choses est de ne pas travailler seul, car ce n’est pas mon tempérament, mais au contraire, d’agir au sein d’une équipe dans laquelle chacun offrira ses compétences et son savoir-faire pour apporter un plus à la MSA. Toute personne investie dans sa mission devra apporter à la MSA tous ses talents au service de l’action collective.

Y a-t-il des axes prioritaires que vous entendez développer et mettre en avant la MSA ?
Nous avons mis en place depuis dix ans des échelons locaux que je souhaiterais dynamiser encore davantage, en leur donnant comme mission première de faire comprendre à nos ressortissants ce qu’est la MSA, son rôle et ses missions, mais aussi ses contraintes et les limites de son action, et que notre protection sociale reste un enjeu fort pour tout le monde. Son rôle ne se limite pas seulement à la collecte des cotisations sociales, il y a aussi toutes les prestations que nous versons en cas d’accident, de maladie ou de crise sectorielle dans une production agricole, et bien sûr les retraites et les prestations familiales. Nous sommes là aussi pour subvenir aux besoins sociaux des agriculteurs en difficulté avec des enveloppes dédiées qui ne sont malheureusement jamais suffisantes. Chaque ressortissant doit savoir qu’il peut faire appel à la MSA via nos délégués et nos administrateurs en cas de besoin, afin que nous puissions étudier au plus près sa situation. Sur un autre volet de la MSA, nous avons aussi des offres de services que nous voulons et devons développer sur tout le territoire du Limousin. Ces services de proximité, nous allons les conforter pour accompagner les personnes âgées et tous nos ressortissants selon leurs besoins. Ces actions portent sur les aides ménagères, les transports adaptés accompagnés, l’insertion et la qualification des demandeurs d’emploi sans formation, les établissements et services sociaux et médico-sociaux, le tout en partenariat avec les conseils généraux et en liaison avec divers organismes et services de l’État dont l’Agence Régionale de Santé.

Y a-t-il un axe plus particulier ?
Avec la récente instauration des IJ obligatoires AMEXA, les exploitants agricoles bénéficient désormais d’une couverture de base pour les risques de maladie et d’accident du travail, tout comme les salariés. Il reste néanmoins à progresser en matière de conditions d’accès à la pension d’invalidité et surtout de montant de celle-ci. J’espère que la Caisse Centrale va se donner les moyens d’avancer sur ce dossier au cours de ce mandat et, pour ma part, je proposerai au Conseil d’Administration de notre Caisse les initiatives qui seront prises dans ce domaine. Par ailleurs, je demanderai au Conseil d’Administration d’être particulièrement vigilant à l’égard des moyens humains et financiers dont nous aurons besoin pour continuer de développer une action sanitaire et sociale de bon niveau au profit de toutes les familles agricoles, salariées et non-salariées.

Nous entendons souvent parler de fusion entre les différents régimes de protection sociale, la MSA est-elle menacée ?
Il y a toujours eu en France des craintes à ce sujet. En ce qui me concerne, j’estime que nous avons nos propres spécificités en matière agricole et par conséquent on se doit de défendre notre régime corps et âme en étant fort sur nos territoires, car nous en avons besoin et que nous y sommes tous très attachés tel qu’il est aujourd’hui. J’ajoute que le ministère des Affaires Sociales semble de plus en plus en être conscient et montre qu’il sait reconnaître nos efforts d’adaptation et nos savoir-faire.

Il arrive souvent d’entendre des critiques à l’égard de la MSA, mais comment la rendre plus lisible et plus proche de ses ressortissants ?
Nous avons toujours des efforts à faire pour donner davantage de lisibilité à notre MSA et en particulier lorsqu’il s’agit des cotisations, car c’est toujours un peu mal interprété. Nous devons expliquer et réexpliquer comment cela fonctionne, entre ce que nous collectons pour le compte de l’État dans le cadre de la CSG et des diverses taxes obligatoires, ce qui induit des coûts supplémentaires, et notre contribution à la protection sociale proprement dite. J’insiste sur cette différence, entre ce que nous contribuons pour notre régime, et ce que nous collectons pour l’État, comme nous le mentionnons dans nos récapitulatifs en fin d’année, pour bien faire comprendre la différence. Mais au-delà des cotisations, nous devons aussi expliquer les prestations sociales que nous reversons auprès de nos ressortissants, ce qui représente des sommes très importantes. Il faut savoir que nous encaissons à peine 20 % de ce que nous reversons. En terme clair, cela signifie que lorsque nous versons 100 euros de prestations sociales, nous collectons à peine 20 euros de cotisations.
Concernant les retraites, le gouvernement vient d’accorder une revalorisation de 40 euros supplémentaires pour les petites retraites. Nous avons à ce niveau-là, un travail de fond important à réaliser, une véritable réflexion à conduire, avec la contribution des organisations professionnelles agricoles pour engager des démarches auprès des élus nationaux afin d’améliorer le sort des retraites agricoles. C’est un vrai travail de lobbying que nous devons réaliser.

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