La Creuse Agricole 28 mai 2014 à 08h00 | Par P. Dumont

Engraissement - Le projet « Engraisser demain en Haute‑Vienne » s’exporte

Désormais en place, le plan d’action pour l’engraissement initié en Haute-Vienne intéresse les départements voisins y compris hors Limousin. Le 15 mai, Opalim avait convié Régis Desbordes, élu de la Chambre d’agriculture 87 et cheville ouvrière du projet, à le présenter à l’occasion de son assemblée générale.

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Régis Desbordes (chambre d’agriculture de la Haute-Vienne) est venu présenter le projet lors de l’assemblée générale d’Opalim.
Régis Desbordes (chambre d’agriculture de la Haute-Vienne) est venu présenter le projet lors de l’assemblée générale d’Opalim. - © P. Dumont

On le sait, les exploitants agricoles limousins vieillissent et les candidats à la reprise ne sont pas assez nombreux. Dans les dix années à venir, près de 1 500 d’entre eux partiront à la retraite. En parallèle, la région perdrait plus de 16 000 vaches allaitantes. Autres constats : la productivité du cheptel allaitant chute et les éleveurs limousins ont les revenus agricoles parmi les plus faibles en France. Dernier fait marquant, l’exportation de près de 90 % du maigre produit vers l’Italie s’essoufle. Tous ces éléments ont conduit les Jeunes Agriculteurs et la Chambre d’Agriculture de Haute-Vienne à réagir. En septembre 2013, un colloque réunissait éleveurs, organisations de producteurs et abatteurs autour d’une question : faut-il engraisser nos bovins ? Les abatteurs présents étant preneurs d’animaux supplémentaires, un plan d’action a été construit avec l’objectif d’engraisser 10 % du maigre produit en Limousin par an, soit environ 1000 animaux. Le projet « Engraisser demain » est aujourd’hui finalisé. Après des contacts dans l’Indre ou la Vienne, c’est en Creuse, à l’assemblée générale d’Opalim, que Régis Desbordes, en charge du dossier pour la Chambre d’agriculture, est venu présenter l’accompagnement proposé aux porteurs de projets. Structuré en trois phases, il débute par une étude technico-économique (gratuite) permettant de définir des objectifs de production, d’estimer les besoins en surface, les frais d’élevage. Au travers de l’étude est aussi calculé un prix objectif intégrant une rémunération d’1,5 Smic. Côté financement, des solutions spécifiques ont été développées par le Crédit agricole Centre-Ouest. La principale difficulté étant le financement de la trésorerie, une ligne OCC Cap’engraissement a été mise en place pour l’achat et l’engraissement des bovins en plus du Cap’appro destiné aux cultures. Autre élément, et pas des moindres, si l’éleveur doit remplir son bâtiment, à l’autre bout de la chaîne, l’abatteur doit également s’engager. Un suivi technique et technico-économique sera ensuite assuré.

De nombreuses questions
Avant même la présentation détaillée du projet, beaucoup de questions et une certaine défiance sont apparues dans la salle. Par le passé, des projets d’engraissement sont restés sans suite, pourquoi celui-ci fonctionnerait-il ? Les risques seront-ils partagés ? Les abattoirs peuvent-ils supporter plus d’animaux alors qu’ils en refusent actuellement ? Un prix rémunérateur sera-t-il garanti ? Les abatteurs s’engageront-ils réellement alors qu’ils ne l’ont jamais fait ? À chaque interrogation, une réponse de la chambre d’agriculture. « On sait que tout le monde ne s’y retrouvera pas, mais nous offrons la possibilité aux éleveurs volontaires de s’engager dans la démarche, a rappelé Régis Desbordes. OP, abatteurs, banque, tous ont répondu présents et se sont engagés. Nous devions agir pour maintenir la production et sécuriser les revenus, sans ça nous aurions perdu des marchés. Pour ça, nous devons être en mesure de fournir les produits et les volumes demandés. La contractualisation avec les abatteurs permettra aussi de conquérir de nouveaux marchés ». Benoît Ferrand de Somafer a pour sa part répondu aux questions des éleveurs sur l’engagement des abatteurs. « Somafer contractualise déjà depuis de nombreuses années sur certaines catégories d’animaux mais hors région. Au moment où nous avons voulu contractualiser, personne en Limousin n’a pu répondre à notre demande », a-t-il précisé.
À l’heure actuelle, une dizaine d’éleveurs haut-viennois ont contacté la chambre d’agriculture pour l’étude d’un projet d’engraissement.

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