La Creuse Agricole 28 mai 2015 à 08h00 | Par Aurélien Legrand/Dr Didier Guérin

Désinfection des bâtiments d’élevage : agir dès la sortie des animaux

La désinfection des bâtiments d’élevage est un des éléments de la biosécurité interne à mettre en place dans tout élevage ayant été confronté à un épisode pathologique. Elle est à effectuer dès la sortie des animaux.

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- © GDS Creuse

La biosécurité comprend l’ensemble des mesures prises pour protéger les élevages de l’introduction de nouveaux agents infectieux. Elle associe, d’une part, une composante externe qui vise à empêcher et/ou à limiter l’introduction de nouvelles souches microbiennes, virales ou parasitaires dans l’élevage et, d’autre part, une composante interne constituée de mesures visant à réduire la propagation des germes à l’intérieur de l’élevage. Ce sont des mesures essentielles à suivre pour obtenir une prévention efficace. Elle relève du bon sens et n’est pas onéreuse. Lorsque les mesures de biosécurité ne sont pas respectées, on risque de passer plus de temps et dépenser plus d’argent à essayer de régler le problème quand il survient. La biosécurité concourt à apporter une protection globale et non contre une seule maladie.

La biosécurité : trois niveaux d’action
La biosécurité passe par la maîtrise des risques de contamination à trois niveaux :
- Allotement (ne pas mélanger les tranches d’âges différents) et isolement des malades.
- Prévention vis à vis des intrants : contrôle et isolement des animaux introduits (cf. prochain article), précautions par rapport aux visiteurs, désinfection des matériels en commun, vérification de la qualité de l’eau d’abreuvement.
- Nettoyage, désinfection, désinsectisation et dératisation des locaux d’élevage.

La désinfection des locaux d’élevage : une composante essentielle de la biosécurité à mettre en place dans tout élevage confronté à un épisode pathologique
La désinfection contribue à réduire la pression d’infection exercée sur les animaux par les bactéries, les virus, les moisissures et les parasites présents dans leur environnement. Elle ne se résume pas à la simple application d’un désinfectant, elle est précédée d’un nettoyage approfondi et suivie d’un vide sanitaire. Elle fait partie des mesures sanitaires à mettre en place dans tout bâtiment d’élevage ayant présenté un épisode pathologique au cours de la saison hivernale (diarrhées néonatales, omphalites, coccidioses, paratuberculose…). Elle est à associer à la lutte contre les insectes et les rongeurs.

Une désinfection efficace : des étapes à respecter
La désinfection ne s’arrête pas à la simple pulvérisation du désinfectant sur les surfaces. Elle demande méthode et rigueur et s’effectue en plusieurs étapes :
- Le plus tôt possible après la sortie des animaux, nettoyage du bâtiment avec enlèvement de tous les fumiers et autres matières organiques : lavage haute-pression des sols bétonnés et balayage des sols en terre battue.
- Désinfection (importance du choix du désinfectant pulvérisé) avec application du désinfectant à raison de 300 ml/m² en respectant strictement la dilution recommandée.
- Vide sanitaire. Il commence après la désinfection et permet de prolonger l’action du désinfectant avec un assèchement du sol et du bâtiment. Tant qu’il y a de l’humidité, le microbisme n’est pas réduit au minimum et les éléments parasitaires sont infestants. La durée minimale du vide sanitaire correspond au temps nécessaire pour assécher entièrement le bâtiment, soit en moyenne une quinzaine de jours. Cette période sera donc plus longue en saison froide et humide.
- Réalisation précoce. Les travaux de désinfection seront effectués le plus tôt possible après la mise au pré afin que le vide sanitaire soit le plus long. Les bâtiments profiteront ainsi au maximum de la rémanence d’action des désinfectants et de la désinfection naturelle effectuée par les UV du soleil.

Le désinfectant : un choix à effectuer en fonction des pathologies observées
Afin de choisir le désinfectant adéquat, il sera vérifié son homologation. Il sera recherché un large spectre d’activité (bactéricide, fongicide et virucide) tout en présentant une action rapide avec une efficacité suffisante en présence de matières organiques. Les désinfectants spécifiques contre les éléments parasitaires et surtout contre les ookystes de coccidies et de cryptosporidies sont peu nombreux : Prophyl® 75 (temps de contact nécessaire : 18 h), Kenocox (temps de contact nécessaire : 4 h). Ces désinfectants sont disponibles chez Farago Creuse. En outre, rappelons que la soude caustique ou la chaux vive, pourtant souvent présentées comme désinfectants utilisables, sont à proscrire dans tout bâtiment d’élevage de ruminants car ils entraînent un milieu basique favorable à la multiplication des colibacilles.

Les bactéries, virus et parasites sont capables de résister dans l’environnement. Pour la plupart des germes, cette résistance se trouve augmentée s’ils sont protégés par des matières organiques (sang, matières fécales même séchées). En élevage bovin, dans un local non-nettoyé et non-désinfecté, les germes responsables des différentes maladies rencontrées au cours d’un hivernage peuvent persister et ainsi contaminer de nouveau les animaux l’hiver suivant.
Les bactéries, virus et parasites sont capables de résister dans l’environnement. Pour la plupart des germes, cette résistance se trouve augmentée s’ils sont protégés par des matières organiques (sang, matières fécales même séchées). En élevage bovin, dans un local non-nettoyé et non-désinfecté, les germes responsables des différentes maladies rencontrées au cours d’un hivernage peuvent persister et ainsi contaminer de nouveau les animaux l’hiver suivant. - © GDS Creuse

À associer, la désinsectisation…
Certains insectes peuvent être responsables de maladies ou porteurs de germes infectieux (une mouche peut transporter jusqu’à 1 million de bactéries). De plus, ces insectes sont facteurs d’énervement et de pertes de production non négligeables. Les bâtiments d’élevage associant grande densité animale, température et hygrométrie favorables avec abondance de matières organiques, réunissent des conditions adéquates au développement des insectes. La lutte sera raisonnée et préventive pour être efficace. L’action est à mettre en place avant les fortes périodes de reproduction des différents insectes. Ainsi, la lutte contre les mouches s’effectuera par une action au niveau des bâtiments, des abords et des animaux dès la fin du printemps (cf. article du 05/06).

… et la dératisation
Les bâtiments d’élevage attirent les rongeurs car ils représentent une source de chaleur et de nourriture abondante lorsque les conditions extérieures deviennent difficiles (fin d’automne). Ces rongeurs entraînent des nuisances aux dépens des animaux (agitation, stress et par portage de germes pathogènes), des bâtiments (dégradation de certaines installations) et des aliments stockés (consommation et souillures). La dératisation est d’abord préventive par des mesures d’hygiène et de propreté qui limitent l’intérêt pour ces animaux à venir s’installer dans l’élevage. Ces mesures préventives sont à associer à un plan de lutte (cf. article du 31/10/2014).

Les appuis techniques et financiers de Farago Creuse et de GDS Creuse
La désinfection des bâtiments agricoles demeure une action délicate et technique, tout comme les opérations de dératisation et de désinsectisation. En conséquence, Farago Creuse, dans son objectif de faciliter la réalisation des missions sanitaires de GDS Creuse, vous propose, d’une part, ses services avec la possibilité de faire effectuer ces interventions par des techniciens certifiés et préalablement formés et, d’autre part, un choix de matériel et de produits adaptés apportant des garanties techniques et réglementaires. De plus, dans le but de sensibiliser les éleveurs à l’importance de cette pratique en terme de maîtrise des risques sanitaires, GDS Creuse aide à hauteur de 50 % les travaux de désinfection.

La désinfection, un élément du « Le sanitaire… j’adhère » trop peu utilisé
La réalisation de la désinfection des bâtiments participe à l’optimisation de la maîtrise des risques sanitaires en élevage. Celle-ci permet de limiter les risques de propagation de certaines maladies. Une désinfection bien menée passe par un choix judicieux de la méthode d’application et du désinfectant. Pour obtenir des résultats satisfaisants, il est nécessaire de rattacher à cette pratique les travaux de destruction des vecteurs contaminants. Pour tout complément d’information, n’hésitez pas à nous contacter.

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