La Creuse Agricole 07 août 2017 à 08h00 | Par Richard ZIZERT

La FNSEA attend de l’État des engagements stables

Le préfet de région, Pierre Dartout était de passage en Corrèze à l’occasion d’un conseil d’administration de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine le mardi 25 juillet dernier. Cette rencontre s’est déroulée sur l’exploitation du Gaec de Stramont, adhérent à la FDSEA Corrèze sur la commune de Chauffour-sur-Vell, sur le canton de Meyssac.

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En présence du Préfet de région, Pierre Dartout et mené par le président de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine, Philippe Moinard, le conseil d’administration a débattu sur les dossiers syndicaux prioritaires. Les sujets environnementaux ont été au cœur de la première partie de la réunion.
Zones vulnérables
Bernard Layre, secrétaire général de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine a ouvert les échanges par le dossier des zones vulnérables. Les agriculteurs de Nouvelle-Aquitaine concernés par ce zonage devaient procéder à des adaptations de leur exploitation et des mises aux normes.
« La position syndicale sur cette question est claire. Nous demandons une absence totale de contrôle jusqu’à la fin de l’année 2017, compte tenu de l’impossibilité du respect des délais de mise aux normes et les difficultés financières des éleveurs. De plus, un nouveau zonage va être élaboré sur le bassin Adour Garonne, et nous souhaitons être associé à cette élaboration. Il faut dénoncer les points dont l’origine agricole de la pollution ne semble pas avérée. En outre, elle exige de la cohérence et le respect des critères permettant de déclasser les communes ».
Daniel Couderc, président de la FDSEA Corrèze et secrétaire général adjoint de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine a tenu à souligner qu’« en filière bovine, les éleveurs de mon département utilisent au mieux les effluents d’élevages et ont, par conséquent, très peu recours à l’achat de fertilisants. De ce fait, nous espérons sortir l’ensemble de nos communes des zones vulnérables ».

Cours d’eau
Sur la problématique des cours d’eau, les membres du conseil d’administration de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine ont tenu à dénoncer la surenchère administrative des services de l’État. Devant le préfet de région et celui de la Corrèze, présent pour l’occasion, Bernard Layre a souhaité faire passer ce message : « Rappelons la définition d’un cours d’eau, telle qu’inscrite dans la Loi Biodiversité, article 118 : constitue un cours d’eau un écoulement d’eaux courantes dans un lit naturel à l’origine, alimenté par une source et présentant un débit suffisant la majeure partie de l’année ».
Ainsi, la FNSEA Nouvelle-Aquitaine exige des services de l’État qu’ils appliquent cette définition et cessent de rajouter des critères supplémentaires, comme c’est encore malheureusement le cas dans certains départements. La classification des cours d’eau reste un sujet épineux sur lequel travaille ardemment profession, syndicat et services de l’état.
« Sur cette question, nous devons être vigilants et faire en sorte que les spécificités de chaque département soient prises en compte. Par exemple en Corrèze, nous avons un important chevelu hydraulique, il faut travailler et réfléchir à cette classification », a tenu à souligner Daniel Couderc.

Zones Défavorisées Simples (ZDS)
La FNSEA Nouvelle-Aquitaine œuvre, depuis plusieurs mois, en collaboration avec la DRAAF et les services de l’État pour trouver un terrain d’entente afin de rattraper les 2 000 élevages qui sortent du zonage sur les cartes actuellement proposées par le ministère de l’Agriculture. L’ICHN représente entre 8 000 et 10 000 euros d’aides perçues par ces exploitations d’élevage.
Sur cette question, rapporte Bernard Layre, « nous demandons le report de l’application de la réforme des zones défavorisées pour permettre au nouveau ministre de l’Agriculture de se saisir pleinement de ce dossier. Il est primordial que la préfecture de région nous appuie dans nos demandes au ministère pour qu’un nouveau zonage n’exclut pas les communes actuellement hors zone ».
Les agriculteurs présents ont aussi profité de la présence du préfet de région et des services de l’État pour une nouvelle fois leur faire part de leur exaspération sur le retard de certains paiements PAC, notamment pour les MAE et « la non budgétisation des 853 millions d’euros » pour le paiement des ICHN. « Monsieur le préfet, trouvez-vous normal que nous ayons encore autant d’incertitudes sur nos paiements ? Les trésoreries ont besoin de plus de visibilité et de stabilité », a martelé Philippe Moinard.
« Vendre ses produits à un prix qui permet de vivre dignement », une formule tenue par le président de la République à Limoges le 9 juin dernier, que les responsables de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine souhaitent voir rapidement se mettre en œuvre.
Daniel Couderc a profité de la présence du préfet de région pour notamment l’interpeller sur deux sujets départementaux.
« Nous avons deux dossiers locaux qui doivent toucher également la Nouvelle-Aquitaine :
Le premier : la chasse. Sujet aujourd’hui épidermique sur certaines zones de notre département où nous avons la sensation que la régulation du gibier ne se fait plus. Nous pensons qu’il est temps de laisser le soin aux agriculteurs d’assurer eux-mêmes la protection de leurs cultures dès l’instant où ils sont titulaires du permis de chasser. Deuxième sujet d’actualité : les gelées extrêmes du printemps qui ont détruit en grande partie nos vergers. Nous vous demandons d’ores et déjà d’éviter les zonages départementaux tant ils sont difficiles à gérer localement. Le taux d’éligibilité pour la reconnaissance calamitée devrait également passer de 30 à 50 %. Par ailleurs, le soutien économique de la région sur ces productions serait particulièrement apprécié ».
Après le conseil d’administration, une visite de l’exploitation hôte a été réalisée sous la houlette des deux associés du Gaec de Stramont, Pascal Bruyere et Ronald Tocaben.
Créé en 1996, le Gaec s’est diversifié avec deux productions prédominantes. La première est la noix. Le Gaec dispose aujourd’hui de vingt-sept hectares de noyers en trois variétés, Marbot, Lara et Franquette. Elles sont produites sous l’AOC Noix du Périgord.
La récolte de noix représente 60 % du revenu de l’exploitation. Néanmoins, avec les épisodes de gel du mois d’avril 2017, la récolte à venir est fortement compromise. Sur les variétés Marbot et Lara, les prévisions de récolte sont quasi nulles ; et sur la variété Franquette, les exploitants estiment une récolte à 15 %.
La seconde production de l’exploitation est celle des veaux sous la mère. Les exploitants produisent chaque année environ soixante-dix veaux sous la mère, sous label rouge.
Les agriculteurs cultivent par ailleurs trente hectares de céréales (blé, orge et maïs grain), qui sont autoconsommées en totalité. Le reste de la superficie, soit 118 hectares, est en prairies dont une dizaine en luzerne pour l’apport protéique du bétail.
L’exploitation de Pascal et Ronald a été un exemple idéal pour que le préfet de région prenne conscience de certaines problématiques, inhérentes à l’agriculture de la région Nouvelle-Aquitaine. Pascal et Ronald ont d’ailleurs profité de la présence de Pierre Dartout pour faire passer quelques messages. « En 2015, nous avons monté une stabulation libre, opérationnelle depuis l’automne 2016, avec une demande d’aide via le PCAE. À ce jour, la subvention est toujours attendue, ce qui entraîne des difficultés financières supplémentaires pour notre trésorerie », rapportent-ils.
« Nous regrettons la complexité des démarches administratives, bien loin de la simplification annoncée. Sans parler de la cacophonie sur les dossiers PAC et les retards de versement des aides… ». Une exaspération qui complique grandement le fonctionnement quotidien des exploitations. À cela se rajoutent « l’augmentation des charges et la baisse des prix. À titre d’exemple, alors que les veaux partaient à 1 400 euros en moyenne l’année dernière, ils partent aujourd’hui à 1 200 euros. Cette situation est difficile à vivre alors que le travail, lui, n’a pas diminué... », dénonce Ronald.
Les associés du Gaec de Stramont ne manquent pas de projets, ils envisagent de moderniser la chaîne à noix, afin notamment de diminuer la main d’œuvre nécessaire pour le lavage, le triage et le calibrage des noix.

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