La Creuse Agricole 13 novembre 2014 à 08h00 | Par Dr Didier Guérin

Avortements et mortinatalités : agir avec méthodologie face à toute alerte

Cette campagne débute avec une forte augmentation du nombre d’avortements et de mort-nés déclarés par rapport à la campagne précédente. Une méthodologie est à suivre face à toute alerte.

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- © GDS Creuse

Les avortements sont des pathologies anciennes et persistantes. Tous les élevages sont concernés, 2 % des femelles avortent chaque année. En présence de causes infectieuses, parasitaires, alimentaires… des avortements en série peuvent apparaître.
Des causes infectieuses et parasitaires redoutables, un recours aux analyses
Parmi toutes les causes, celles d’origine infectieuse (bactérienne ou virale) ou parasitaire (toxo­plas­mose, néos­po­ro­se…) sont les plus redoutables car contagieuses et douées d’un grand pouvoir d’expansion intra et inter élevage. Connaître la cause d’une épidémie est indispensable pour mettre en place la thérapeutique curative et élaborer la stratégie préventive. Lors d’avortements, les manifestations cliniques et les caractéristiques épidémiologiques ne sont jamais suffisamment spécifiques. Le recours aux analyses est donc un passage obligé. Il fait appel à des méthodes directes avec recherche de l’agent causal ou indirectes avec recherche des anticorps.
Un diagnostic direct facilité par la CRSSA
Pour faciliter l’utilisation des nouvelles techniques de diagnostic direct (PCR), le GRASL a décidé de consacrer la CRSSA au diagnostic direct des avortements dans les élevages bovins, ovins et caprins. Un kit PCR, adapté à chaque espèce, avec une prise en charge de 75 % (cf. tableau « CRSSA – Kit diagnostic direct avortements ruminants ») est à disposition. En cas de nécessité de recherches sérologiques complémentaires, le plan régional « maladies émergentes » permet la poursuite de la prise en charge de 50 % des frais d’analyses et de la visite vétérinaire de mise en place du plan de lutte et de prévention.
Des résultats… mais des précautions d’utilisation à respecter : intervenir 48 h maxi après l’avortement avec prélèvement de sang et d’avorton ou de placenta ; à compléter avec des recherches sérologiques
Mis en place au premier semestre 2012, ce kit a été utilisé dans plus de 200 élevages en Creuse (158 bovins, 33 ovins et 14 caprins). Pour 1/3 des cas, une pathologie a été identifiée : ehrlichiose (cf. article du 23/05/2014), néosporose (cf. article de la semaine prochaine), BVD, chlamydiose ou toxoplasmose. Trois éléments conditionnent le taux d’élucidation : la précocité d’intervention (prélèvement dans les 48 heures, maximum, suivant l’avortement pour le diagnostic direct), la présence d’avorton, de placenta ou d’écouvillon vaginal et les recherches complémentaires (autres pathologies, sérologies chez les avortées depuis plus 15 jours). La réalisation d’un diagnostic direct adéquat multiplie par quatre le nombre de chances d’obtenir un résultat de certitude. Cela implique une application stricte de la « conduite à tenir lors de tout avortement » par le couple éleveur/vétérinaire (cf. encadré « Conduite à tenir lors de tout avortement »). C’est une composante de la « Sanitaire’ Attitude ». N’hésitez pas à contacter votre vétérinaire ou GDS Creuse.

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