La Creuse Agricole 06 janvier 2015 à 08h00 | Par Dr Didier Guérin

Argumenter face aux slogans et faux jugements que le monde agricole subit

Comme chaque début d’année, je vous propose un article plus général qui dépasse notre simple cadre sanitaire. Il porte sur des idées reçues relatives à notre agriculture qu’il me semble primordial de contrecarrer.

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- © GDS Creuse

En 2014, le CGAAER (Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux) a publié une « controverse documentée à propos de quelques idées reçues sur l’agriculture, l’alimentation et la forêt » en cinq épisodes.

Des idées reçues débattues en 5 épisodes
Dans son introduction, le CGAAER nous indique : « En politique, ce qui est cru est plus important que ce qui est vrai » disait Talleyrand. Pour autant, il n’est pas interdit, face à des « idées reçues », de proposer des observations et des points de vue documentés qui confirment, atténuent ou infirment ces idées reçues. Cet exercice est ambitieux et salutaire parce qu’il tend à s’approcher de la vérité. Il est cependant relatif car il dépend des informations disponibles au moment où il est réalisé. Mais surtout, il a paru utile parce qu’on ne construit pas durablement sur des slogans et des faux jugements et parce qu’un débat ouvert est toujours préférable à l’absence de débats ». Sont présentées dans cet article les principales conclusions du CGAAER pour chaque idée reçue.

Nous disposons des techniques et des ressources naturelles nécessaires pour nourrir 9,5 milliards de personnes en 2050
Pour l’idée reçue n° 1 : « Nous ne pourrons pas nourrir 9,5 milliards de personnes en 2050 », le CGAAER indique : « Nous disposons des techniques et des ressources naturelles nécessaires pour nourrir 9,5 milliards de personnes en 2050. Soit trois milliards de plus qu’aujourd’hui : le milliard qui ne mange pas à sa faim actuellement et les deux milliards supplémentaires liés à l’évolution démographique… Des progrès considérables sont encore possibles en matière de rendements, en particulier dans les pays en développement. Nous disposons aussi de suffisamment de terres pour étendre en tant que de besoin les surfaces cultivées, sans porter atteinte aux ressources forestières. Nous disposons aussi de suffisamment d’eau globalement. Elle devra être mieux gérée... Cependant, l’inégale répartition de la ressource en eau et le décalage croissant entre les régions à forte croissance démographique et leurs potentiels agricoles est susceptible de renforcer les phénomènes migratoires et le rôle des marchés mondiaux dans l’ajustement de l’offre et des besoins alimentaires… Le recours aux OGM ne peut être exclu a priori, dès lors qu’ils pourront lever des blocages techniques actuels aux cultures ou améliorer la qualité nutritionnelle de certaines productions. Au-delà du débat sur la capacité à produire la nourriture nécessaire pour faire face aux besoins alimentaires de notre planète en 2050, moment où la population mondiale devrait se stabiliser, la lutte contre la pauvreté demeurera un élément essentiel pour combattre la faim dans le monde »…

Les dépenses agricoles représentent moins de 1 % des dépenses de l’Europe et de ses États, la PAC associe performances économique et environnementale
Face à l’idée reçue n° 2 : « La PAC coûte trop cher et doit tourner le dos au productivisme », le CGAAER argumente ainsi : « La politique agricole commune profite aux agriculteurs et aux consommateurs. Elle concerne plus de 40 % de la surface de notre pays. Les dépenses agricoles de l’Union européenne et de ses États membres représentent moins de 1 % de leurs dépenses publiques, tous secteurs confondus pour un secteur économique qui représente 3 % du PIB européen. Ces crédits permettent d’avoir une agriculture européenne performante parmi les leaders mondiaux. Ils sont aussi le garant de la sécurité alimentaire européenne et contribuent au développement de nos territoires ruraux. Au fil de quarante années de profondes réformes souvent méconnues, la PAC s’est adaptée aux nouvelles règles du commerce international et aux exigences environnementales de nos sociétés. Elle va continuer de s’adapter et nombre des procès qui lui étaient faits sont beaucoup moins fondés aujourd’hui. La PAC est aujourd’hui plus équilibrée parce qu’elle associe mieux performance économique et performance environnementale et aussi parce que les aides de la PAC sont plus équitablement réparties avec une meilleure prise en compte des critères sociaux et des équilibres entre régions »…

 

[...]

La suite est à lire dans la Creuse agricole et rurale du 2 janvier 2015

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